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Interview de Gilles Le Bail : "L’Europe : défaite ou défis"

couverture définitive"L’Europe : défaite ou défis" est le nouveau livre écrit par Gilles Le Bail, publié en novembre 2012 epréfacé par Bernard Esambert. On a voulu en savoir plus sur cet ouvrage! Rencontre. 

Pourquoi  vous êtes-vous lancé dans ce projet d’écriture ?

Gilles Le Bail : J’ai commencé à écrire ce livre en juillet 2012. La question européenne au cours de la Présidentielle française s’était résumée à l’application ou non de la "règle d’or" et au dosage entre rigueur et croissance. C’était minimiser les enjeux européens. Les échéances électorales doivent être l’occasion de débattre des projets pour l’avenir. Construire l’Europe est un véritable projet de société. En France, l’euroscepticisme et plus encore le "NON" à la Constitution européenne bloquent tout débat. Il est temps de mieux faire connaitre l’Union européenne et d’en valoriser les actions. Ce que très peu font.

Quel est donc le but principal de votre livre ?

Même si l’opinion publique est eurosceptique, son but est de provoquer le débat. Les citoyens doivent s’emparer des questions, débattre sans peur, les responsables politiques, les médias, les entreprises doivent s’y engager et faire preuve de pédagogie. Le débat doit donner de la légitimité à la construction européenne, ce dont elle manque aujourd’hui.

Visez-vous un type de public particulier avec votre ouvrage ?

C’est la première fois dans l’Histoire de l’humanité qu’en Europe 5 générations vivent ensemble (0 à 100 ans) sur le même territoire. Nous devons diversifier notre communication. La construire sur les codes, l’expérience et les besoins de chaque génération. Il faut aller vers les personnes. Ce livre participe à cet effort, il s’adresse au grand public et notamment aux jeunes générations.

Le titre du livre ("l’Europe, défaite ou défis") a-t-il une signification particulière ?

Le titre, c’est la problématique actuelle. La défaite est un risque. Ce serait la défaite des idéaux humanistes qui ont guidés jusqu’à présent la construction de l’Union, face aux nationalismes et aux populismes de droite comme de gauche, face au repli sur soi, aux peurs et aux croyances. Pour éviter cette défaite nous devons faire face à de nombreux défis culturels, économiques et politiques. Ré-interroger par exemple le sens et les compétences de l’Etat-nation qui se situe entre des régions – à qui l’on donne de plus en plus d’importance- et une Union européenne qui traite les questions internationales auxquelles un Etat seul ne pourrait répondre.

Selon vous, la "maîtrise" du destin des citoyens est quelque chose qui leur échappe. Pouvez-vous expliquer ce à quoi vous faites référence ?

Les pays européens ont été les maîtres du monde ces derniers siècles. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Pour peser sur les choix internationaux, il faut réunir et s’unir. Nous devons faire avec d’autres ce que nous faisions tout seul avant. Refuser cette réalité c’est prendre le risque de perdre la maîtrise de notre destin, de ne plus avoir la capacité d’influer sur les grands choix et de plus avoir la force de négociation nécessaire. Que l’on nous impose un monde que nous ne voulons pas. Mieux comprendre les enjeux de la mondialisation, engager les évolutions nécessaires sont indispensables. Après la création de l’Euro et du Pacte Budgétaire, proposons la perspective d’une harmonisation fiscale pour les entreprises et les personnes dans l’ensemble des pays de la zone Euro. 

Vous insistez sur la promotion d’une "construction humaniste et politique d’une Europe, plus démocratique, plus protectrice et favorisant les liens entre Européens" : êtes-vous, vous aussi, engagé en faveur une Europe fédérale à l’heure où de nombreux livres sortent à ce sujet-là ? 

Je suis un citoyen engagé. Je défends un projet reposant sur les valeurs de progrès, de solidarité où la personne est au centre de nos préoccupations. C’est la parole d’un acteur de la société civile. Je suis un républicain convaincu et je pense que le Fédéralisme est une chance. Je souhaite faire la promotion d’un Fédéralisme qui réunit des Etats-nations, respecte les identités et les cultures, renforce la légitimité de la parole politique au niveau international. 

Propos recueilllis par Pauline Armandet. 

Retrouvez toute l’actualité liée à son ouvrage sur son site personnel

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